Le calvaire des filles

Le calvaire des filles

En dépouillant les archives du tribunal pour enfants de la Seine des années 1950-1960, l'historienne Véronique Blanchard met au jour les aberrations d'une justice impitoyable envers des adolescentes éprises de liberté.

Ce sont des mots enfantins qui touchent au coeur : « Monsieur le juge, voilà un an que je suis au Bon Pasteur et j'estime que pour la simple petite faute que j'ai commis j'ai été grandement punie, je suis à Angers sans même savoir pour combien de temps alors, si ce n'est pas trop vous demandé, [pourrais-je] savoir pour combien de temps y suis-je ? » À la lecture de ces quelques lignes, on a envie de la prendre dans nos bras, Yvette, comme on rassurerait une petite soeur. Consoler celle qui, aujourd'hui, est peut-être grand-mère et a oublié sans doute cette lettre des années 1950. Écoutons également Gertrude ! Adolescente comme Yvette, elle explique lors de son audience : « Je reconnais que j'ai très mauvais caractère, et qu'à plusieurs reprises j'ai quitté le logement de ma mère qui était obligée de me chercher [...]. J'ai été très peiné par la mort de mon père il y a 20 mois [...]. Je reconnais que j'ai volé des sommes d'argent en classe pour m'acheter des bonbons. » Des mots de go ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.