Le bon, la brute et l'enfant

Le bon, la brute et l'enfant

Cinquante ans après Il était une fois dans l'Ouest, le maestro fait l'objet d'une exposition et d'une rétrospective, ainsi que d'une biographie. Un écrivain se souvient de son euphorie de gosse lorsqu'il découvrit à la télévision ses westerns et leurs couleurs rutilantes.

Longtemps, la télé était en noir et blanc. Il était beau, Weissmuller, Tarzan du dimanche, épilé, bien huilé, mais désespérément monochrome, dans une jungle de charbon et de neige. Rien à voir avec la vraie vie. Le noir et blanc, c'était de l'Art ; ça, même un gosse pouvait le comprendre.

Pendant ce temps, derrière mon dos, le cinéma se mettait à la couleur. En 1966 Howard Hawks tournait El Dorado. Vermeer aurait aimé le foulard vanille sur la chemise bleu métallique de John Wayne. En 1966 sortait également Le Bon, la Brute et le Truand. Les tuniques grises viraient au bleu. Les collines s'oxydaient. Le ciel passait à l'azur.

On habitait au village ; on n'allait pas au cinéma. Mon monde restait noir et blanc. En 1969 on m'a tiré du lit pour assister à l'interminable alunissage d'Apollo 11. L'image télé sautait, le son était à peine audible. Rien de tout ça n'était réel.

Je ne connaissais pas Lee Van Cleef, l'acteur le plus gentil du mo ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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