Le barman qui n'oubliait rien

Le barman qui n'oubliait rien

Gérald Tenenbaum

Que faire si la mémoire n’est plus qu’une mécanique enrouée, « ressac infini de marées périmées » ? « Souviens-toi de m’oublier », chantent les choses à Alex alors qu’au café des Deux Mondes, à Grenoble, il sert des bières. Le jeune homme vit dans un château de cartes intime, ses « ruines privées » : depuis l’été de ses 10 ans, il souffre d’hypermnésie. Ses souvenirs s’empilent et prennent racine. Un « don maladif » sur lequel est construit ce récit sensoriel : la saisie insistante, exhaustive du présent - et sa saturation -, qu’Alex va mettre au service de Maggy, capitaine de police. Une bobine du temps qu’il tente, avec l’aide d’une psycholinguiste, de remonter pour « parcourir à l’envers la pente de sa vie brisée ». Sa maladie, miraculeuse et maudite, empêche Alex de lire. Il ne sait plus que « glober », photographier les mots comme un photocopieur, sans leur associer un sens. Mais, si sa mémoire bégaie, elle bouscule magnifiquement la syntaxe, trouée d’intru ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.