Le bal des icônes

Le bal des icônes

Sacrées et putassières, salvatrices et mercantiles : telles sont les images aux yeux du cinéaste, y compris quand ce sont les siennes. Simuler la brutalité ou la rugosité n'y change rien, bien au contraire : la marchandise visuelle fait feu de tout bois.

L'image ravive chez Pasolini un tourment déjà éprouvé dans l'écriture : la plaie vive entre les signes et les choses, qui ne peut durablement cicatriser, s'infecte, avant de béer de nouveau. Le poète a en effet toujours voulu l'impossible : renouer avec l'archaïsme fondamental d'un monde muet et nu, mais à travers cela même qui nous en a déliés - la résille des mots, des signes, des images. Ainsi visera-t-il toujours une quadrature du cercle entre l'innommé et le codifié, le préhistorique et le précieux, le populaire et le savant. Le cinéma lui est dès lors d'abord apparu comme une attirante zone franche. Mais le tournis recommence vite, là comme ailleurs. Bien sûr, le cinéma n'a rien de « brut », est contaminé par les strates culturelles qui l'ont précédé, a accumulé ses propres codes, sa propre iconographie, tout un stock de signes monnayables.

Grandissante rage de Pasolini : non seulement la culture ne peut, selon lui, échapper au capitalisme, mais elle en est la pourvoyeu ...

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Entretien

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