Le « livre intérieur », loin des bibliothèques

Le « livre intérieur », loin des bibliothèques

L'écrivain considère la bibliophilie comme une rêverie dépersonnalisée et vaine. La lecture - comme l'écriture - doit selon lui rester une activité incarnée, inséparable de l'expérience sensible.

Grand lecteur, Proust se méfie d'autant plus de la lecture qu'il connaît les dangers de cette « maladie littéraire 1 ». « Sur la lecture », préface à sa traduction de Sésame et les lys de John Ruskin 1906, relève à la fois de l'éloge et du règlement de comptes. L'écrivain reproche d'abord à la lecture de « lettré » d'être, comme le dit la chanson, une maladie d'amour : le « respect fétichiste pour les livres 2 » conduit à confondre ceux-ci et l'« acte psychologique original appelé Lecture 3 », l'objet et l'approfondissement de soi que doit engendrer la véritable rencontre d'un texte. Swann ainsi, victime du « péché 4 » d'idolâtrie comme le fut Ruskin, qui consiste à valoriser dans la vie uniquement ce qui semble renvoyer à l'art, se révélera incapable d'écrire, tandis que Françoise préfère pleurer sur une encyclopédie médicale plutôt que de porter secours à la fille de cuisine qu'elle hait. Proust pour sa part cite toujours à peu près, la « forme intacte 5 » étant seulement le lieu ...

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