L'avenir, c'est du passé

L'avenir, c'est du passé

Régression, individualisme, retour en force des inégalités : l'essai-testament de Zygmunt Bauman, l'inventeur du concept de « société liquide » nous conjure de croire en l'optimisme de la volonté.

La « faillite de l'avenir » est un thème récurrent de la réflexion politique actuelle. Dans son dernier livre écrit peu avant sa mort, à 91 ans, en janvier 2017, le sociologue anglais d'origine polonaise Zygmunt Bauman lui donne une assise quasi existentielle. Du fait des craintes nées de l'essor de technologies menaçant la permanence du travail humain, de la concurrence généralisée avec les autres induite par le libéralisme et du recul déjà présent ou annoncé, dans nos démocraties, de l'État social, l'individu contemporain, soutient-il, ne conçoit plus le futur comme un espace, malléable, de projection, un milieu d'espoirs et d'attentes. Voyant le présent comme une inéluctable dégradation, le passé a pris, chez lui, la place de l'avenir. Voici donc le temps des « grands retours en arrière ». Zygmunt Bauman en énumère quatre. Le retour à Hobbes ou, plutôt, au temps d'avant le Léviathan de Hobbes, une lutte de tous contre tous que n'arbitre plus aucun État central. En découl ...

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