L'ascète débauché

L'ascète débauché

Le compositeur Anton Bruckner devient une figure fascinante sous la plume de l'écrivain.

Ce n'est pas par hasard si La Vigne écarlate commence par la fin. Alité et moribond, le compositeur autrichien Anton Bruckner savoure une ultime épiphanie. Soudainement, il « peut lire le travail du vent. [...] Un colosse aux mains fantomatiques emplit l'espace autour de lui ». Du vide émerge une présence. Il en ira de même avec le portrait romanesque qu'en fait Vincent Borel : sur les derniers instants du musicien germe sa vie entière. Idem, le récit de son enfance commence, dans la foulée de l'agonie des premières pages, à la suite de la mort de son père.

En adossant ainsi la vie à la mort, La Vigne écarlate reproduit les hantises et les ambitions de son personnage. À la fois bigger than life, comme les Américains diraient de cet homme plein d'embonpoint dans ses manières rustres et au physique imposant et austère, le Bruckner dépeint ici peut tour à tour se plaire à engloutir des litres de bière dans des tavernes où résonnent des chansons populai ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard