L'art du décousu

L'art du décousu

un recueil des chroniques de bernard frank permet de retrouver l'esprit et la verve qu'il a déployés pendant plus de cinquante ans. Malgré sa mort en 2006, il occupe aujourd'hui une place essentielle en cette rentrée.

C'est notre première rentrée sans Bernard Frank. Il nous manque. Même si, à vrai dire, il était toujours absent en cette saison où le critique, tel le marin face à l'océan déchaîné, doit affronter une déferlante de livres. Frank, trop esthète pour renoncer à son confort, préférait alors s'évader vers des eaux calmes, du côté de Saint-Tropez ou de la côte normande. Il revenait habituellement en octobre, dans un climat décanté, et suivait le baromètre des prix littéraires d'un oeil narquois et expert, s'amusant de leur vieille mécanique. Il lui arriva de distinguer un Goncourt d'un simple post-scriptum : « Bravo Queffélec ! Un souci de moins. » C'était le 20 novembre 1985, dans l'une de ses chroniques du Monde que les éditions Grasset viennent d'avoir l'heureuse initiative de rassembler, un an ou presque après sa mort.

En joueur de casino assidu, Frank ne s'interdisait pas les effets d'annonce, pariant sur quelques livres de la rentrée et assurant souve ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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