L'art difficile de ne presque rien faire

L'art difficile de ne presque rien faire

Comment s'y prend un paresseux, fût-il écrivain, lorsqu'on lui demande un texte sur la paresse ? Il écrit sur l'impossibilité d'une telle tâche, et laisse la parole à d'autres écrivains. Une grande démonstration, en acte, de l'art de paresser.

J'étais paisiblement assoupi dans mon hamac au fond du jardin de la baronne Monti, en Toscane, bercé par les innombrables chants entrecroisés des oiseaux, essayant de chaparder quelques instants de délicieux farniente au devoir qui m'était fait - dans cette résidence d'écrivains - de rédiger un nouveau texte décisif, lorsque je fus soudain tiré du sommeil par l'un des volatiles qui poussait le goût de la mauvaise plaisanterie jusqu'à imiter la sonnerie du téléphone... avant de prendre conscience qu'il s'agissait de mon portable que j'avais oublié de fermer !

On me proposait d'écrire un article sur la paresse...

À la fois flatté par cette élection et, je dois le dire, un peu pris en traître, je n'eus pas sur le moment la présence d'esprit d'opposer la moindre objection, mais une fois la conversation terminée et enfin tout à fait réveillé, le délai me parut soudain affreusement court et je décidai pour l'avenir d'éduquer plus sûrement mes réflexes.

Par bonheur, je ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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