L'art de décevoir

L'art de décevoir

Crainte obsessionnelle pour tous ceux qui reçoivent ou détiennent un pouvoir, à commencer par les politiques, le risque de décevoir. Manquer à ses promesses, cela pourrait faire partie des risques de la démocratie, mais, dans les dictatures aussi, on pousse à la crédulité, ce fumier sur lequel l'espoir pousse. L'objectif d'être « à la hauteur » des attentes souligne pourtant le mérite qu'il y aurait à améliorer toute situation.

Décevoir, aujourd'hui - et le nom qui va avec, déception, par une mini-règle venue de la langue latine, et qui vaut pour percevoir, recevoir, concevoir -, contient le verbe latin capere, « prendre, attraper », et cette idée persiste dans ses composés. Decipere, au sens fort de cette origine, c'est « attraper en trompant ». Mais, en latin comme en français, quiconque est déçu superpose à l'évaluation morale d'un acte subi la sensation pénible d'être abusé. À l'actif, cependant, du point de vue des re ...

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