Larmes de Hambourg

Larmes de Hambourg

Un enfant errant dans un aéroport en ouverture d'une histoire de soldat perdu.

Il y a du Don DeLillo chez Salvatore Scibona, auteur, il y a douze ans, d'un premier roman virtuose, La Fin. Avec Le Volontaire, il offre un texte au lyrisme minéral qui impressionne par son ampleur et sa densité. Le récit s'ouvre sur Janis, un garçonnet seul et en larmes dans l'aéroport de Hambourg. L'écheveau de péripéties ayant conduit à ce désastre (abandon ? fatalité ?) couvre, sur trois générations, plusieurs décennies d'histoire américaine. Vollie Frade, le volontaire du titre, s'engage trop jeune au Vietnam. Au terme d'une piteuse mission cambodgienne, il est engagé par les services secrets américains. La grande affaire de sa vie ? Disparaître, « se fondre dans le décor » - un idéal qui contamine jusqu'à sa descendance. De Riga au Nouveau-Mexique, de New York à l'Afghanistan, la douleur des hommes est-elle soluble dans la fuite ? Il existe, avance Salvatore Scibona, « un monde radieux qui n'est pas là, inondé de soleil et surpeuplé ». Le tout est d'y croire...

 

À lire : Le volontaire, Salvatore Scibona, traduit de l'anglais États-Unis par Éric Chédaille, éd. Christian Bourgois, 448 p., 23 E.

Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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