L'appel de la forêt

L'appel de la forêt

Les précédents romans de Monica Sabolo avaient l'air de sortir d'un album de souvenirs à la Sagan. Le dernier a gagné en noirceur et en densité et plonge avec audace dans les grands fonds de la saga familiale.

D'abord, il lui enduit le corps de graisse de tortue, ça protège du froid. Puis il vérifie le matériel, plutôt rudimentaire, des bouteilles fixées sur des planches de bois à l'aide de lanières en cuir. Enfin ils plongent dans l'eau cristalline à la recherche des filets. Au-dessus d'eux, l'ombre de la barque. Elle, c'est Monica, 9 ans. Lui, c'est Ignacio, l'âge d'être son père. Elle est une fillette fantomatique qui grandit maladroitement sur les rives du lac de Genève, lui un pêcheur sur l'île de Majorque. « C'était un homme sauvage qui appartenait à la nature. » Ignacio ne parle pas français, Monica ne parle pas espagnol, mais ils s'entendent. « Une sorte d'oncle merveilleux. » En sa compagnie, elle se révèle audacieuse, capable de plonger la nuit quand tous les autres ont peur. L'eau limpide la soustrait à sa trouble famille. Dans l'extraordinaire vivier des Baléares, portée par cette eau qui caresse, elle découvre la richesse des fonds marins et sa seconde nature. Plus tard, elle ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard