Langues étrangères et charnues

Langues étrangères et charnues

Nabokov se reconnut dans l'esthétique proustienne. Pour les deux auteurs, la littérature s'inscrit dans la chair et voue le corps, qu'il lise ou écrive, à une passion de la traduction au sens le plus large.

On connaît la phrase par laquelle le narrateur proustien cherche à définir sa vocation dans Le Temps retrouvé : « Le devoir et la tâche d'un écrivain sont ceux d'un traducteur. » Doit-on la prendre à la lettre ? Peut-on assigner une même dimension traductrice à l'écriture de Marcel Proust et à celle d'un écrivain bilingue comme Vladimir Nabokov ? L'usage que fit ce dernier de La Recherche, dès les années 1930, construit une proximité intéressante.

L'enfance polyglotte de l'écrivain « américain né en Russie », comme aimait à se définir Nabokov, lui a permis de se familiariser très tôt avec la littérature française, écrite dans une langue qu'il avait pensé d'abord pouvoir adopter avant d'opter plutôt pour l'anglais. Son premier récit en langue étrangère est ainsi une variation proustienne sur le nom de sa préceptrice française, rebaptisée « Mademoiselle O » dans un texte de 1936 qui sera ensuite traduit en anglais et inséré dans l'autobiographie Speak, Memory. Exercice virtuose ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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