L'amoral de l'histoire

L'amoral de l'histoire

Contempteur de la déliquescence des années 1980 et 1990, l'auteur de Moins que zéro revient avec un essai sur l'actuelle bien-pensance sous antidépresseurs.

On pensait que rien de ce qui était humain ne pouvait révolter l'Américain Bret Easton Ellis : n'avait-il pas embrassé toute la déliquescence morale des années 1980 pour en concentrer l'essence dans son premier roman, Moins que zéro, peuplé d'adolescents solvables, perdus, et pervers par ennui ? N'avait-il pas persisté en assimilant l'avidité des financiers des années 1990 au désir carnassier d'un tueur en série dans American Psycho ? Doté d'un style faussement neutre et réellement sarcastique capable de tout mettre à distance, Bret Easton Ellis semblait voué à chroniquer les excès de chaque décennie en se gardant de tout jugement ouvert – sa griffe. Quelle mouche l'a donc piqué pour qu'il sorte de sa neutralité esthétique et parte en guerre contre son époque, à travers un essai intitulé White, qui ressemble parfois à la complainte solitaire d'un vieux punk égaré dans un monde de dames patronnesses ?

Certes, on ne peut durablement incarner l'air du ...

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« Amazonia », Patrick Deville, éd. du Seuil