Allan Bloom. L'ami américain

Allan Bloom. L'ami américain

Portrait de l'extravagant qui servit de modèle au Ravelstein de Saul Bellow, enseignant charismatique érudit et généreux, élitiste, voire réactionnaire.

S'en prendre à ceux qu'on adore détester est toujours délectable. Les victimes y mettent du leur : leurs ridicules, leurs saillies et leur bêtise ouvrent les vannes de notre acuité, nous permettent de mettre en valeur la pertinence de nos analyses, tout en nous donnant à peu de frais le loisir d'exercer nos beaux esprits à leurs dépens. On fait moins le malin lorsqu'on s'attaque à ceux que l'on déteste adorer. Il s'agit alors d'une autre affaire, mettant à l'épreuve les certitudes et les idées que l'on croyait les mieux fondées, nous autres défenseurs du beau et du juste, dépositaires des valeurs de liberté et de tolérance, garants du progrès et des forces du bien. Non qu'Allan Bloom soit un génie du mal, un esprit retors, un sophiste-killer de paradigmes. Le problème, selon l'expression consacrée lorsque l'on est à court d'arguments, est « plus compliqué que ça ». Mais, au fait, qui était Allan Bloom ?

Un universitaire à l'ancienne. Né en 1930 à Indianapolis. Il fut l'élève ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard