L'Amérique rêvée de Kafka

L'Amérique rêvée de Kafka

L'Amérique a toujours fasciné Kafka. Son contemporain Johannes Urzidil évoque cette attirance dans un texte traduit en 1962 par Marthe Robert pour la revue Preuves dirigée par François Bondy, et qui était devenu introuvable.

Il y avait à Prague un café « Edison », dont le propriétaire était M. Turnovsky, le père d'un de mes camarades de classe plus âgé que moi. L'inventeur américain, qui avait séjourné à Prague en 1911 et qui, installé à une table près de la fenêtre, s'était plu à contempler le trafic de la place Wenceslas, avait autorisé M. Turnovsky à donner le nom d'Edison à son établissement. Une grande photo du sage de Menlo Park était fixée au mur, au-dessus de la table où il avait coutume de prendre place. Un jour, je me trouvai assis sous cette photo en compagnie de Kafka. « Un document mémorable », dit celui-ci avec sérieux et, tout à la fois, cette légère ironie qui nuançait toujours ses propos les plus graves il fallait être sur ses gardes, car il lui arrivait aussi de faire de l'ironie ironiquement, non pas pour la souligner, mais pour l'annuler en quelque sorte.

A cette époque, les Américains allaient rarement en Bohême. La plupart d'entre eux fréquentaient Karlsbad et Marienbad, ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé