L'Amérique contaminée

L'Amérique contaminée

Aux États-Unis, le néogothique se focalise autour de l'ordinaire, et notamment des lieux familiers, comme la maison, la chambre ou l'immeuble. Placée sous les auspices de Poe, de Hawthorne ou de Henry James, cette lignée se perpétue jusqu'à nous avec Anne Rivers Siddons ou Stephen King.

Une bonne part du néogothique américain vient de ce qu'Emily Dickinson ne quittait pratiquement pas sa chambre, et certainement pas sa maison. De Dickinson, donc, que la critique Daneen Wardrop tient pour « notre plus grande poétesse gothique », mais aussi des catalogues pour semences et outils agricoles. Au XIXe siècle, en effet, les États-Unis se partagent entre deux intentions de lecture. D'une part, l'impératif littéraire de la Côte est, qui va importer des thèmes européens, dont le gothique, en les adaptant aux exigences de la raison. Foin du vieux surnaturel, les États-Unis sont une nation jeune qui veut bâtir une mythologie moderne. Edgar Allan Poe et Henry James privilégieront l'errance mentale aux fantômes en balade. D'autre part, l'élan irrépressible du « Go West » qui conquiert les terres pouce par pouce et laisse dans son sillage quantité de machines à imprimer. Celles-ci ne sont pas destinées à produire de la littérature pour se distraire, les colons ont autre ...

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