L'Amérique aux abois

L'Amérique aux abois

Sans jamais se départir d'une réelle humanité, Banks met en pièces le rêve américain. Tantôt mordant, tantôt compatissant, son dernier recueil de nouvelles est à l'image des chiens qui le traversent.

Ceux qui dédaignent la littérature la décrivent souvent comme une fabrique d'illusions : cela fait sourire les bons lecteurs, qui voient les écrivains s'escrimer pour traquer les vérités humaines singulières et volatiles que cachent commodément les généralisations journalistiques, les éléments de langage des élus, les conceptions du bonheur ou de la réussite agréées par la collectivité, les mensonges que chacun se fabrique pour supporter l'existence... Ainsi Un membre permanent de la famille, le dernier recueil du romancier Russell Banks, pourrait se décrire comme le démontage d'une usine à rêves chatoyants - les États-Unis -, si l'auteur ne s'attaquait pas également à ses propres symptômes d'auto-intoxication dans la nouvelle titre. Celle-ci raconte comment Banks en vint à se convaincre qu'après son divorce sa famille resterait unie grâce au chien - qu'il garderait, et qui formerait le trait d'union entre son ancien et son nouveau foyer. Or n'est-il pas dangereux d'accroch ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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