Laissez-moi dormir

Laissez-moi dormir

C'est une manière de se préserver que de se détacher de tout. Pour y parvenir, il faut soit une extraordinaire force mentale, soit décider de s'isoler et s'astreindre à une rigoureuse discipline. La nouvelle narratrice d'Ottessa Moshfegh a opté sans mal pour cette seconde option et a choisi de dormir pendant un an. « Mon hibernation relevait d'un instinct de conservation. Je pensais qu'elle me sauverait la vie », dit-elle. Comme Eileen, héroïne du très bon premier roman de l'autrice américaine, programmait de sauver la sienne en quittant une Nouvelle-Angleterre sinistre et un père alcoolique et fou pour New York. Nous y sommes, dans Mon année de repos et de détente, en 2000-2001, mais nous n'y retrouvons rien de l'inélégante Eileen. Celle qui prend en charge ce récit aussi sombre que drôle serait même son parfait contraire : jolie, diplômée en histoire de l'art, installée dans un appartement de Manhattan... orpheline cependant, qui souhaite noyer son passé et ses pensées da ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Nos livres

« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard