L'air du roman, la hache de l'histoire

L'air du roman, la hache de l'histoire

deux auteurs récrivent l'histoire : Jean-Luc Benoziglio imagine Louis XVI condamné à l'exil plutôt qu'à la guillotine, et François Vallejo dépeint Diderot, Rousseau et Grimm, voyageant ensemble en Italie.

Le roman n'a cessé de rivaliser avec l'histoire. Walter Scott a fourni un des modèles de la confrontation, en créant des témoins discrets d'événements bien réels. Récemment encore, Chantal Thomas a fait parler la lectrice de Marie-Antoinette et raconté la fin de l'Ancien Régime, du point de vue d'une femme restée dans l'ombre Les Adieux à la reine , éd. du Seuil. Et si la fiction prenait le pouvoir ? si elle se mettait à récrire le passé à sa guise ? Supposons que Louis XVI n'ait pas été condamné à mort, mais à l'exil. Ou que Diderot, Rousseau et Grimm aient fait ensemble un tour d'Italie. Tel est le pari de deux romanciers qui mettent leur brio au service du paradoxe et pratiquent, mieux que jamais, l'art du mentir-vrai.

François Vallejo met en scène un valet que Mme d'Épinay charge d'accompagner trois de ses amis au-delà des Alpes. Il se souvient de l'expédition, quarante ans plus tard, lorsque, devenue républicaine, la France conduit en grande pompe R ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard