Lagarce de vie

Lagarce de vie

Emporté par le sida en 1995, Jean-Luc Lagarce travailla comme un forcené pour le théâtre. Son journal, republié ce mois-ci, est un ami aussi féroce que tendre.

C'était en juillet 2008. Comme tous les étés, je m'apprêtais à m'exiler de longues semaines. Cette année-là, je n'écrivais plus. Je n'écrivais plus depuis un an environ. Pas besoin. Pas de nécessité. Je n'écrivais plus... ou presque ; disons que je me contentais d'entretenir avec mon journal intime une liaison distendue et pas franchement passionnelle. Rien que de très lapidaire. Rien de spécialement littéraire. Ce qui me désespère toujours un peu d'ailleurs : je rêve de tenir un journal digne de ce nom, mais je n'en ai pas la discipline. Et puis tout comme certains rechignent à aller consulter un psychanalyste de peur de perdre l'inspiration, j'ai toujours craint pour ma part d'épuiser ladite inspiration en écrivant trop scrupuleusement mon journal. Contradiction interne non résolue, mais qui devait bien me tarauder puisque, cette même année, je lisais et relisais presque exclusivement des journaux d'écrivains. Bauchau, Woolf, Galey... L'histoire commence donc ainsi : été 2008, je ...

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