La vulgarisation s'anoblit

La vulgarisation s'anoblit

Certains ouvrages scientifiques grand public tablent à présent plus sur la compétence réelle que rhétorique des auteurs, transformant ainsi le lecteur passif en chercheur passionné.

Les amoureux des livres n'abordent certaines disciplines qu'en se tenant à bonne distance. Peur immotivée ou incompatibilité profonde de sensibilité ? Le plus souvent, les « sciences » qui impressionnent sont celles qui intègrent des langages symboliques (mathématiques, physique, logique, chimie...) ; parfois celles qui emploient des lexiques éloignés du langage courant (droit, métaphysique, psychologie...) ; parfois enfin celles qui semblent requérir trop de connaissances préalables (paléontologie, médecine, anthropologie...). Dans tous les cas, un cercle se met en place où la peur et l'ignorance s'entretiennent l'une l'autre, alimentant l'idée que la « spécialisation » est irrémédiable, et aggravant le hiatus entre gens de lettres et gens de sciences. Les ouvrages de « vulgarisation » étaient jadis la réponse. Ils vivent aujourd'hui une mutation profonde.

Un diagnostic d'ensemble s'impose : « l'homo intellectus », comme l'appelle Jean-Marie Durand (ancien rédacteur en chef ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé