La vigie myope d'Istanbul

La vigie myope d'Istanbul

L'écrivain quitte rarement sa ville natale, qui a donné son nom à un livre autobiographique et lui a transmis le hüzun : un état d'âme mélancolique, voisin de la saudade portugaise.

Orhan Pamuk surprend. Il dit volontiers que la moitié de chacun de ses livres, même les plus oniriques, est autobiographique. On le croit. Sauf un, peut-être, qui l'est complètement. Écrit à l'aube des 50 ans de l'auteur, il raconte son enfance, jusqu'à sa vingtième année, là où s'arrête sa vie d'artiste peintre, quand s'interrompent ses études d'architecture, un gros livre dont la dernière phrase, que rien ne laissait prévoir, claque au nez du lecteur comme une porte qui s'ouvre, à supposer qu'on puisse claquer une porte en l'ouvrant, sur l'oeuvre à venir : « Je serai écrivain. »

Ce livre entièrement autobiographique, illustré de nombreuses photos de famille, a pour titre le nom de son héros, et ce n'est pas notre homme : Istanbul. Orhan Pamuk est une ville, Istanbul, il y est né le 7 juin 1952, cinq siècles ou presque après la « chute de Constantinople », comme on désigne en Occident le 29 mai 1453, un demi-millénaire après la « conquête d'Istanbul », comme disent les Orie ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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