La vache dans la peau

La vache dans la peau

D'où vient cette tendresse pour les vaches, surtout de votre part, vous qui êtes un urbain ?

Alain Finkielkraut. - Il est vrai que, sur la chape de mon épée d'académicien, j'ai fait ciseler une tête de vache laitière. Ce choix s'est imposé à moi alors que je suis un citadin de toujours. Chaque fois que je vois ces gros herbivores, qui, à la différence de léopards ou de lions qui ornent tant de blasons, sont parfaitement inoffensifs, ne font même pas de mal aux mouches importunes, je fonds de tendresse. Les vaches sont de gros animaux pas prétentieux pour un sou, et j'aime les voir ruminer, converser silencieusement avec elles. Je pense à Nietzsche qui, à l'encontre de la fébrilité moderne, faisait de la rumination le modèle de la pensée et disait qu'un bon lecteur devait être de race bovine.

Aimez-vous les vaches justement parce qu'on ne les admire pas comme les animaux sauvages ou qu'on ne les aime pas comme les animaux dome ...

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Entretien

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