La vérité est ailleurs

La vérité est ailleurs

Qu'il s'agisse des États-Unis, de la Russie, de la Turquie, du Brésil ou de la France, les leaders populistes font des « faits alternatifs » de véritables armes de persuasion.

la politique et la littérature ont ceci en commun qu'il s'agit d'imposer une vision. Dans L'Art français de la guerre, l'écrivain Alexis Jenni montrait comment le général de Gaulle, auteur de génie, écrivit le grand roman national, fait de résistance, de batailles perdues et de guerre gagnée, qui servirait de support à la France du XXe siècle. Une fiction gaullienne qui prenait quelques libertés avec les faits, mais présentait une vertu : celle de rassembler. Grâce à quelques résistants restés debout, la France se relevait...

Puis les historiens se sont mis à détricoter les romans nationaux. À révéler la complexité cachée derrière les récits collectifs. On aurait pu croire que la politique suivrait le mouvement et divorcerait de la littérature pour se rapprocher des sciences humaines. Au contraire ! Après avoir imité la bonne littérature, elle a épousé la mauvaise. Ce fut l'ère du storytelling, consistant à inventer, autour de l'objet à vendre, une histoire ...

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