La tête à Totò

La tête à Totò

Dans un quartier interlope de Palerme, une saga sur fond de mafia dans une langueflamboyante et baroque qui confine parfois à la poésie trouble d'un Bruno Schulz.

Dans le quartier du Borgo Vecchio, il y a Totò, le voleur vif comme le vent que tous les enfants du coin voudraient avoir pour père. Et il y a Carmela, la prostituée magnifique, qui officie sous une image de la Vierge dont elle est une émouvante incarnation, et sa fille bien nommée et bien-aimée Celeste. Il y a aussi Cristofaro, dont le corps absorbe tous les soirs la rage alcoolisée de son père et dont les hurlements troublent le quartier. Il y a surtout une écriture magnifique, où le réalisme social se mêle à la poésie pure, où les métaphores prennent vie comme dans les textes du Polonais Bruno Schulz.

Dans Malacarne, Giosuè Calaciura décrivait comment les mafieux parvenaient à dissoudre jusqu'aux âmes de leurs victimes. Dans Borgo Vecchio, vous verrez une ondée tombée sur un marché se transformer en déluge biblique - et les clientes « retenues entre deux eaux, par le lest des paniers de provisions que leurs mains cupides n'avaient pas lâchés, et on aurai ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.