La sagesse de ne rien faire

La sagesse de ne rien faire

Si notre époque s'accorde sur la nécessité de petits moments d'oisiveté, il faut remonter le temps pour trouver un éloge radical de l'inaction : chez Lao-tseu et son Tao te king.

Ne rien faire. Évoluer au gré des courants. Se laisser porter. Plus doux encore : se laisser faire. Revenir à cet état originel de flottement, lové au creux du ventre protecteur d'une mère nourricière. Lâcher prise. Ah, tous ces « plaisirs minuscules » auxquels notre époque redonne enfin leur place, maintenant qu'elle a abandonné le rêve fou des idéaux majuscules.

Mais ces plaisirs, si simples et si naturels, il faut bien sûr qu'ils restent minuscules. Petits cailloux lâchés sur le chemin de la vie. Récréations trop brèves dans la cour des petits avant que la cloche sonne le temps du retour aux choses sérieuses. On n'imagine pas une vie tout entière consacrée à l'inactivité. Des siècles de christianisme et l'esprit du capitalisme sont passés par là : le bonheur, c'est toujours agir, faire preuve de bonne volonté, se constituer en individu libre, c'est-à-dire autonome, self-made-man dit-on. Alexandre le Bienheureux sur son lit, dernier résistant du dés?uvrement éclairé, ne vit ...

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