La révolution Ginsberg

La révolution Ginsberg

La beauté sera convulsive ou ne sera pas.

La popularité scandaleuse d'Allen Ginsberg fait qu'on voit en lui un personnage pittoresque, en oubliant que c'est aussi un grand poète. Howl et Kaddish, qui viennent de reparaître, sont là pour inviter à une relecture de la création ginsbergienne. Il disait qu'il avait une inspiration romantique, « au souffle barde, hébraïque et melvillien ». Les longs vers de Howl, semblables à des « ritournelles » de saxo, ont été écrits en un fol après-midi : « J'ai vu les plus grands esprits de ma génération détruits par la folie, affamés hystériques nus », « qui hurlèrent à genoux dans le métro et furent traînés du toit en agitant parties génitales et manuscrits,/qui se laissèrent enculer par des saints motocyclistes et hurlèrent de joie,/qui sucèrent et furent sucés par ces séraphins humains, les marins, caresses d'amour atlantique et caraïbe... »

Obscène, Ginsberg ? Howl lui valut un procès. Il répondit en se réclamant de Blake, Shelley et Whitman - « Ah, cher père, barbe-grise, vieux ...

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« Je reste roi de mes chagrins », Philippe Forest, éd. Gallimard