La révolte par le style

La révolte par le style

Des dandys aux punks en passant par les zazous, l'apparence a souvent servi à exprimer la contestation. Inventaire de ces révoltés du rien et autres rebelles du futile qui usent du style comme une arme subversive.

Dans la partie de L'Homme révolté 1 où il passe en revue les figures de la rébellion « métaphysique », Camus fait une place de choix au personnage du dandy. Il le présente même comme « l'oppositionnel » par excellence, qui, écrit-il, ne se maintenant que dans le défi, ne peut « se poser qu'en s'opposant ». Une révolte individuelle extrême donc, dont le terme ne peut être que la mort, car, dans la logique de la surenchère du dandy, elle se confond avec l'absence de compromission avec le monde extérieur, avec la pureté suprême. Bien que le chapitre demeure confus, on y trouve aussi quelques belles intuitions, comme lorsque Camus, associant au dandysme les Inc'oyables de Thermidor, remarque qu'en certains cas la révolte du « monde du paraître » peut accoucher de la révolution du « monde du faire ». Bref, le « philosophe pour classes terminales » témoigne ici d'une sensibilité incontestable et, même, bien supérieure, quand il évoque Baudelaire, à celle de Sartre dans son essai scola ...

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