La révolte des chômeurs : un mouvement sans précédent

La révolte des chômeurs : un mouvement sans précédent

Les chercheurs en sciences sociales habitués à analyser les conflits de la classe ouvrière concluaient généralement à l'impossibilité de constituer un véritable mouvement de chômeurs. La révolte de décembre 97 leur a donné tort. Explication.

Qui sème la misère, récolte la colère ». Ce slogan est sans doute celui qui résume le mieux le mouvement des chômeurs qui a vu le jour au mois de décembre 1997. Alors que les Français commençaient à préparer les fêtes de fin d'année, des chômeurs marseillais hostiles à la réforme des fonds sociaux de l'Unedic prenaient d'assaut plusieurs agences Assedic des Bouches-du-Rhône en protestant en particulier contre le refus de leur accorder une prime de Noël de 3 000 F, c'est-à-dire une aide exceptionnelle et surtout symbolique au cours de cette période. D'abord appuyés par la CGT, les chômeurs allaient très vite recevoir le soutien de plusieurs associations dont AC !, l'APEIS et le MNCP et pouvoir ainsi multiplier leurs actions un peu partout en France. Le Gouvernement dont plusieurs ministres étaient partis en vacances allait alors commettre l'erreur de ne pas prendre très au sérieux ces actions. Dans l'entourage du Premier ministre, on soulignait dès le début du conflit leur caractère ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé