La révolte de Diogène, le mendiant à la besace

La révolte de Diogène, le mendiant à la besace

Avec Diogène, la philosophie emprunte résolument les chemins de la révolte et de la contestation. Mais la révolte cynique ne s'exprime pas dans le cadre d'une révolution politique et collective. Elle est ancrée dans la sphère morale et individuelle d'un dandysme sauvage.

Athènes, ive siècle av. J.-C. : sur l'agora les gens passent, bavardent, s'arrêtent devant l'échoppe du potier ou du tanneur, tandis qu'à la porte d'un temple, solidement appuyé sur son bâton, un homme à la chevelure hirsute, enveloppé de son petit manteau crasseux, apostrophe les passants, se moque et, pour tout arranger, mendie en prétendant qu'il ne fait que réclamer son dû. Intrigués, les badauds s'attroupent ; mais très vite reculent, gênés, car c'est à eux que s'en prend l'homme à la besace. Qui est donc cet énergumène haut en couleurs ? Diogène le Chien bien sûr. Ce même Diogène qui, à Corinthe, paresseusement allongé sur la colline du Cranéion où il profite des rayons du soleil, ose demander au grand Alexandre, qui passe par là pour le saluer, de bien vouloir s'éloigner un peu, car il lui fait de l'ombre. Les Athéniens se souviennent aussi de la fois où, en plein midi, une lanterne allumée à la main, il allait cherchant fébrilement autour de lui un homme, un vrai, sans jamai ...

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