La prisonnière ou l'affranchie ?

La prisonnière ou l'affranchie ?

L'écrivain se fait souvent microsociologue, analysant comment ses semblables confirment ou déjouent les déterminismes sociaux. L'un de ses « cas » les plus complexes est Albertine, l'insaisissable Prisonnière.

À travers son narrateur, Marcel Proust ne cesse d'explorer la fine mécanique des logiques sociales telles qu'elles peuvent apparaître à un oeil exercé. Il scrute sans trêve la manière dont des personnages singuliers se débrouillent dans l'enchevêtrement des causes et des effets, et ne peut déguiser le plaisir qu'il prend aux ratages que connaissent des êtres peu aptes à ajuster dans leurs conduites un code d'action à un autre. Le voilà donc qui remonte des comportements dans leur incohérence relative aux contradictions qui les expliquent. S'il est vrai que ses « enquêtes » familières et toutes locales portent sur des personnages de rang secondaire, il n'empêche qu'elles sont pleines de sens dans un roman où les luttes de rang sont de grande âpreté et la quête de reconnaissance affaire de chacun.

Ainsi mises au jour, les logiques sont de diverses ampleurs. L'hérédité voulant que certaines propriétés physiques ou caractérielles se retrouvent de siècle en siècle chez les membres ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé