La poussière sous le tapis

La poussière sous le tapis

Si Gabriel Matzneff est moralement indéfendable, faut-il pour autant éliminer ses écrits, au risque de créer une brèche où pourraient s'engouffrer les tenants d'un retour de la censure ?

La messe est dite pour Gabriel Matzneff depuis la parution du Consentement, de Vanessa Springora. Séduite à 14 ans par l'écrivain, la nouvelle directrice des éditions Julliard (voir le portrait du NML n° 25, janvier 2020) s'est emparée des armes de l'homme de lettres pour lui renvoyer en boomerang l'image d'un prédateur libidineux, habité par l'unique souci de soi. Ce livre a rendu l'écrivain et diariste infréquentable, au point que le Tout-Paris, dont il était l'une des figures baroques, lui tourne, à de rares exceptions près, ostensiblement le dos. Attitude surprenante, car l'auteur, âgé de 83 ans, a constamment et explicitement fait état dans ses écrits de sa dilection pour les très jeunes filles et les petits garçons, au point que la relation de ses exploits sexuels constitue l'image de marque de son oeuvre.

L'avis de coup de vent autour du récit de Vanessa Springora a poussé le parquet à s'autosaisir. Gabriel Matzneff fait l'objet d'une enquête prélimi ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.