La plus mauvaise personne du monde

La plus mauvaise personne du monde

Nous avons tant peur de nous faire pervertir par un artiste mal intentionné que nous en sommes arrivés à ne plus supporter ce qui a toujours fait le coeur de notre passion pour la fiction : la cruauté. En sont symptomatiques les reproches communément adressés au cinéaste Lars von Trier.

« L'oeil de Lars von Trier est pervers et en même temps d'un simplisme à pleurer, fait de clichés éculés et de voyeurisme » ; « Un pervers narcissique et misogyne qui prend du plaisir à maltraiter ses personnages » ; « Une notion perverse et tortionnaire de la mise en scène, qui ne laisse aucune chance et aucun espoir aux personnages » ; « Conte pervers »... Jusqu'à sa photo pour la promotion de Nymphomaniac, illustration de la décision du réalisateur de ne pas donner d'interviews depuis sa fameuse conférence de presse cannoise de 2011, qui a inspiré des soupçons à une journaliste de Gala : « Lars von Trier apparaît dans la photo, bâillonné (à l'image d'un pervers ?). »

Le problème avec l'idée qui voudrait qu'un cinéaste soit un pervers parce qu'il amènerait ses spectateurs vers des situations auxquelles ces derniers ne consentiraient qu'à l'insu de leur plein gré, c'est que, en réalité, cela n'arrive jamais. On parle de quelque chose qui n'existe pas. Nous ...

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Entretien

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