La place du mort

La place du mort

Un coiffeur et son client jouent au chat et à la souris. Une fable tragique drôlement mise en dialogue par Jean-François Josselin.

Lorsque la réalité exécute les plans scabreux de l'imaginaire, on dit du fait divers qu'il dépasse la fiction alors qu'il s'y soumet. Pour le commun des mortels, tout se passe dans la tête... fort heureusement, s'amuse à croire Jean-François Josselin qui détaille Les petites horreurs où bascule la volupté et dont il suggère qu'elles nous fascinent d'autant plus qu'elles nous terrifient. Nous sommes pourtant les complices des abominations perverses, à l'abri des mots qui permettent d'en jouir sans risques. C'est du moins la démonstration tranchante du romancier qui confronte ses deux personnages entre eux, dans le huis clos d'un salon de coiffure : un minimum d'espace et de temps.

Du narrateur sans nom, aimablement ligoté sur le fauteuil d'un doux supplice, n'émerge que la tête, emprisonnée dans les mains d'un certain Marcel, un Figaro tortionnaire à la recherche d'une identité perdue et qui officie, maître de cette conscience qu'il flatte ou brutalise ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

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