La passiondu blasphème

La passiondu blasphème

Volontairement sacrilège ou simplement impertinente, l'irréligion chante l'amour de la liberté contre les règles et coutumes imposées par les religions.

Les cas Menocchio et Agnew

UN PEUPLE IMPERTINENT

les philosophes ont tendance à présenter le peuple comme l'objet passif et crédule des manipulations orchestrées par les religieux. Pourtant, les blasphémateurs n'ont jamais manqué dans ses rangs. Le cas de Menocchio (1532-1600) étudié par Carlo Ginzburg a ceci de savoureux que ce brave meunier du Frioul avait développé une cosmologie hérétique fondée sur une image du fromage et des vers qu'il exposa sans rougir à la face de l'Inquisition. De son côté, le mendiant anglais Alexander A gnew, surnommé Jock of the Broad Scotland, défend à son procès en 1656 la conviction que ce n'est pas Dieu qui le nourrit, mais les braves femmes qui lui font l'aumône, de sorte qu'il ne doit rien à un être auquel il ne croit pas, car il ne reconnaît devant le tribunal qu'une seule trinité - farine, eau et sel -, avec laquelle on fait les galettes. Ces audaces, étudiées notamment par Christopher Hill dans Le Monde à l'envers...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine