La passion Bergson

La passion Bergson

Si les relations des deux hommes furent parfois houleuses, c'était à la mesure d'une admiration réciproque. L'écrivain fut le passeur enflammé de la pensée du philosophe.

henri Bergson est élu le 12 février 1914 à l'Académie française, au fauteuil d'Émile Ollivier, déclenchant une violente campagne antisémite de L'Action française. L'affaire Dreyfus n'aurait donc servi à rien ? Moins de quatre ans auparavant, Charles Péguy, déblayant devant sa porte dans Notre jeunesse, avait fustigé l'hypocrisie des anciens dreyfusards ; il entendait ainsi rejouer l'Affaire au nom des principes et, incarnant à lui seul la « mystique dreyfusiste », s'opposer de façon décisive aux monarchistes ; au passage, il écrivait que la philosophie bergsonienne « sera comptée parmi les cinq ou six grandes philosophies, de tout le monde ». L'occasion d'en découdre lui est maintenant servie sur un plateau. Or Péguy se tait. À son ami Joseph Lotte, directeur du Bulletin des professeurs catholiques de l'Université, qui lui demande, le 17 février 1914, pour défendre l'auteur de L'Évolution créatrice, « quarante à cinquante lignes d'un bron ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine