La maladie de l'existence

La maladie de l'existence

Quand il a ouvert les yeux, il faisait nuit noire. Dormir encore pour grapiller une miette de temps avant le matin, grimper une petite marche sur l'escalier qui sépare toute existence de la mort. Ou bien il se lèverait, allumerait la télévision. Il couperait le son. Le manège inodore des images mettrait son emplâtre sur cette conscience inquiète. Certainement il somnolerait dans son fauteuil, les doigts sur la télécommande qui tomberait en perdant le petit couvercle des piles. Il se réveillerait vingt minutes plus tard, prendrait une douche et, brusquement heureux, se mettrait à écrire.

Régis Jauffret écoute les secondes de l'insomnie fuir en goutte-à-goutte du robinet de l'ennui. L'agrypnie est une vieille connaissance, quasi tangible, presque depuis sa naissance il y a quarante-sept années. L'oreille s'affine dans la traversée des nuits boiteuses, on fouille la mémoire vide de la ville endormie, on visite les chambres, les éviers sales, on s'insinue dans les têtes, on furèt ...

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À lire : Révolution aux confins, Annette Hug, traduit de l'allemand Suisse par Camille Luscher, éd. Zoé