La mélancolie d'écrire

La mélancolie d'écrire

Traités scientifiques, réflexions philosophiques ou lettres polémiques, Pascal n'écrivait pas pour dire ce qu'il pensait. Il écrivait pour penser. Dans son style rapide, inquiet, mêlant esprit de géométrie et de finesse.

En novembre 1656, Pascal écrit à Mlle de Roannez : « ... pour répondre à tous vos articles, et bien écrire malgré mon peu de temps. » Le début de la phrase est tronqué et la fin pourrait résumer ce qu'il faut bien appeler sa folie d'écrire. Pourquoi Pascal écrit-il, au lieu de faire des mathématiques, de prier, de briller à la Cour, comme il le fit vers 1653, de faire des affaires, passion qui l'occupa un temps au début de 1662 ? L'écriture n'est-elle pas elle aussi un divertissement ? Quelque chose comme une maladie et une maladie honteuse ? Pascal n'écrit pas pour, il écrit malgré. Malgré lui, malgré son voeu de ne plus écrire. Il écrit malgré les trous entre les phrases, les gouffres sous les mots, les lacunes dans l'emploi du temps, les ellipses et les éclipses d'un moi qu'on ne saurait raconter sans dégoût. « Tout ce qui n'est que pour l'auteur ne vaut rien », note-t-il au détour d'une pensée. Pascal n'écrivait pas pour dire ce qu'il pensait. Il écrivait pour penser. Ses mots le lâchaient parfois et alors, il se sentait plus nu que dans la mort. Écrire contre le temps, malgré la vie, le peu de vie, c'est une concession qu'il fait à l'autre avant d'en demander grâce au tout-autre. Écrire pour bien écrire, c'est-à-dire, écrire malgré le peu de mots, voilà peut-être ce qui pousse Pascal à raturer du papier.

Mais comment écrit Pascal ? En effet, si l'on y songe, de lui ni de personne il ne faut se demander : pourquoi écrire ? Ni : pour qui ? Écrire a ses raisons qui sont déraisonnables et nul ne les connaît moins que l'écrivain lui-même. Alors, question plus facile finalement, demandons-nous : « Comment écrit-il, celui-là ? » Comme on joue ou plutôt comme on perd au jeu. Écrire est pour lui non une façon de gagner les esprits, mais de risquer sa mise. Qu'est-ce que le style de Pascal, sinon cette griffure de l'être, cette trace qu'il faut bien laisser après soi, quoi qu'on sache de son probable effacement, comme les amoureux entaillent des coeurs sur l'écorce des arbres en déni de la fin de leur amour ? Pascal écrit malgré le dégoût qui l'en prend parfois et qui le poussera vers Port-Royal en une retraite pure de toute controverse, sauf avec Dieu. Il écrit parce qu'il ne peut pas faire sans. Il résume son propos : « Montrer la vanité de toutes sortes de conditions, montrer la vanité des vies communes, et puis la vanité des vies philosophiques. » Dans les Pensées, il ne peint que des vanités, souvent saisies de biais, selon une perspective d'anamorphoses écrire n'est jamais le chemin le plus court pour aller d'un être à un autre ; écrire n'est que perversion et diversion, faux-semblants et faux-fuyants, chemins de traverse, détours, tropes. Finalement, il écrit pour dire la mélancolie d'écrire.

Je n'ai jamais pu lire les Pensées sans les entendre, comme une musique noire et cassée, venue de loin ; sans les regarder, tel le corps nu de Pascal ; sans y lire, non pas une Apologie de la religion chrétienne, ni un livre où il dispute avec Montaigne de philosophe à philosophe, mais un journal intime, une lettre déchirée. Peu de livres sont aussi noués, étranglés par l'angoisse et l'horreur de mourir. Peu de phrases désignent comme les siennes ces choses qu'on ne veut pas voir et qui sont le fond de l'homme : silence éternel, royaumes qui nous ignorent, dernier acte de sang, course au précipice, solitude de la créature, désespoir de l'intelligence...

L'élégance du joueur. Mais tout cela est dit avec l'élégance du joueur, le risque du geste, la beauté de la formule, comme on dit d'une martingale. Prenons un mot au centre des Pensées : le mot ordre. Sous la plume de Pascal, il désigne la plus physique des matières : le hasard des choses, la rupture des liens, l'iniquité des êtres, mais aussi le plus spirituel des désirs : juger, peser, penser. Mais Pascal ne se contente pas de déplier le sens de ce mot, il établit un lien entre les deux versants, fait jouer l'un contre l'autre, joue avec leur équivoque et déjoue leur contradiction. « J'écrirai mes pensées sans ordre, et non pas peut-être dans une confusion sans dessein : c'est le véritable ordre, et qui marquera toujours mon objet par le désordre même. Je ferais trop d'honneur à mon sujet, si je le traitais avec ordre, puisque je veux montrer qu'il en est incapable. »

Pascal parle peu de son propre style. « Façon de parler : je m'étais voulu appliquer à cela. » Il s'y applique mais ne le fait pas savoir. À peine donne-t-il quelques indications sur le bien écrire, préférant aux formes châtiées les « beautés d'omission, de jugement ». Il est ravi par le « style naturel » : « On s'attendait à trouver un auteur et on trouve un homme », mais lui-même, dans la diversité de ses écrits, mathématiques, religieux, philosophiques, pratique une langue qui ne laisse rien au hasard et se fonde sur la géométrie. Ouvrant ses écrits, on croit trouver un homme, tout surpris de trouver un auteur. » Il médite sur le meilleur adjectif : vertu « apéritive » ou « attractive », carrosse « versé » ou « renversé ». « J'ai l'esprit plein d'inquiétude. » « Je suis plein d'inquiétude » vaut mieux, juge-t-il. « Éteindre le flambeau de la sédition » : trop luxuriant », estime-t-il. « L'inquiétude de son génie » : trop de deux mots hardis. » Quant à la phrase, il s'explique sur les parfois nécessaires répétitions de mots : « Quand dans un discours se trouvent des mots répétés, et qu'essayant de les corriger, on les trouve si propres qu'on gâterait le discours, il les faut laisser, c'en est la marque. Enfin sur la question de l'originalité, lui qui déclare le moi haïssable, revendique un style propre : « Qu'on ne dise pas que je n'ai rien dit de nouveau : la disposition des matières est nouvelle ; quand on joue à la paume, c'est une même balle dont joue l'un et l'autre, mais l'un la place mieux. » Parfois, quand il parle d'autre chose, on a l'impression que c'est de l'écriture qu'il parle. Nombre des Pensées peuvent être lues comme des phrases sur la phrase, des traits par lesquels Pascal se peint écrivain : « Changer de figure, à cause de notre faiblesse, travailler pour l'incertain, aller sur la mer, passer sur une planche. »

Ce qui frappe dans la frappe de ses phrases, c'est la rapidité extrême, le saut. Pressentant et prévenant la dissolution prochaine de la pensée, il jette ses mots à la gueule du néant et dessine à grands traits noirs l'« enceinte de ce raccourci d'atomes » qu'est la page, le livre, la vie. Ses brouillons le montrent : Pascal écrit dans tous les sens, page tournée d'un quart ou d'un demi-tour, et jette en papier mots, figures et traits comme après sa mort, sa famille fit jeter en plâtre ainsi disait-on son visage de vieil enfant laid.

Le verbe dans la peau. Écrire, c'est se placer au lieu où la pensée échappe aux mots et s'échappe hors de soi. Au lieu de la perte. Ce que j'aime chez Pascal, ce n'est pas sa foi, c'est sa peur. Ses divisions mortelles, son écriture de feu et de cendres, son empressement à dire toujours dans la même phrase trop et trop peu. « Vanité, jeu, chasse, visites, comédies, fausse perpétuité du nom. » Course, pas heurté, souffle haletant à mesure que passe la vie. Pascal est un écrivain qui ne se sait pas écrivain et surtout ne veut pas l'être. Écrivain de passage. Il met dans son apologie de la religion chrétienne sa vie de pensée, ses doutes, ses fuites, ses désespoirs. Son style.

Le style de Pascal se défie de la mécanique des fluides, il est une écriture des solides, le contraire d'un flux, d'un style coulé. Les Pensées ne sont pas des fragments écrits, ce sont des écrits fragmentés, de grandes feuilles lacérées au format 23,5 x 35. Pascal pratiquait le couper coller, le tailler coudre ; une sorte de Proust à l'envers, n'assemblant pas ses paperolles en une robe de mots, déchirant un bâti en morceaux d'angoisse enfilés en liasses. L'écriture pour lui n'est pas un vêtement. Au mieux une peau, au pire une chair. Elle ne doit pas voiler car « toutes choses sont des voiles qui couvrent Dieu ». Elle doit être mue, crue, nue. Les écrits de Pascal sont une peau de papier. Papiers cousus en liasses, Memorial de 1654 cousu dans le revers du vêtement, lui fallait-il, pour être en ce monde, pour y survivre aux infamies et être soi-même, non un sac de peau mais un sac de mots, un être cousu de mots, comme d'autres le sont d'or ? La phrase de Pascal dévoile le vide qu'elle assigne à la pensée. Vertige et douleur, elle saute aux yeux. Vue plus que lue. Ce n'est pas seulement l'opuscule de 1651 portant ce titre, c'est l'ensemble des écrits de Pascal qui devrait s'appeler Traité du vide. Évidant les évidences, la phrase de Pascal nous retourne sur nous-mêmes comme un gant.

Personne ne semble s'être demandé pourquoi deux versions du Mémorial étaient ensemble pliées et cousues, l'une de papier, l'autre en parchemin. Parce que après la première, il attendait sa seconde mort comme une redite ? Parce que le papier diffère du parchemin comme le mort du mourant ? Parce que Pascal aurait aimé écrire toujours plus près de la disparition, à même la peau, peut-être, comme un primitif se scarifie ou se tatoue. Il n'y a pas, d'un côté, un traité d'édification chrétienne et de l'autre un grimoire magique un peu fou nommé Mémorial. Les Pensées sont des lambeaux de la peau de Pascal. Découpes oblongues, languettes, fiches, sont des reliques : il y est question de linges trempés de sang, de débris d'os en bouquet.

Désordre donc ; pièces et morceaux. Les fragments des Pensées ne sont-ils que des braises laissées par un bois consumé ou les brindilles qu'on ne sait faire prendre en un feu de mots ? Le recours au fragment n'est pas chez Pascal un défaut de vigueur et de continuité, c'est une nécessité dictée par le propos lui-même, comme celle qui à l'époque amène les peintres des vanités à emplir leurs tableaux de colonnes tronquées, de fleurs qui se fanent et de livres déchirés. Le fragment est un moyen de mettre les mots dans une construction dramatique, comme au cinéma une image en mouvement résulte de la succession rapide de photos séparées et fixes. Par exemple, cette séquence de l'Abrégé de la vie de Jésus-Christ :

« 208. Il prend avec soi Pierre, Jacques et Jean, et étant en tristesse, leur dit que son âme est triste jusqu'à la mort.

209. II s'éloigne un peu d'eux,

210. D'environ le jet d'une pierre.

211. Il prie.

2I2. La face en terre.

213. Trois fois. »

Pourquoi ces alinéas, ces chiffres, ces points, ces césures ? Pas pour couper, pour relier. Pascal parle de ses « méchants petits papiers », mais les enfile à la suite. C'est le trou qui fait lien. Regardons les liasses et les trous dont Pascal perfore ses papiers pour les réunir. Et si en fin de compte, aucun livre ne portera son nom, ce n'est pas qu'il lâche le livre ; le livre le fuit. Écrire est une jalousie, un délire d'amour pour personne, une folie de vouloir garder prisonnière celle qui est toujours la fugitive : la langue. Pascal dit ainsi cette douleur : « Pensée échappée, je la voulais écrire ; j'écris au lieu qu'elle m'est échappée. »

Les trois Pascal. Y a-t-il un style de Pascal ? Il y a trois Pascal : le mathématicien joueur, le polémiste railleur, le chrétien noyé par sa foi, qui écrit, citant Job : « J'ai toujours craint le Seigneur comme les flots d'une mer furieuse et enflée pour m'engloutir. » Le problème de Pascal en 1658 n'est pas Dieu, c'est le triangle arithmétique, ou la cycloïde et la résolution d'un calcul de probabilité. Puis viennent les Pensées qui renouent avec le détachement. Il y a aussi quelques lettres, où il brûle de se faire entendre d'un Dieu caché, renonce aux liens et, plein de tristesse, regarde les hommes tomber. « Sans mentir, Dieu est bien abandonné », écrit-il en septembre ou octobre 1656.

Les traités de mathématiques et de physique sont écrits avec superbe et mystère. Les lettres des Provinciales avec rage et rire. Pascal les voulait « d'un style agréable, railleur et divertissant ». Les Pensées sont écrites dans la crainte et le tremblement.

Mais entre ces Pascal, un même style court, qui n'est ni agréable, ni railleur, ni divertissant. Une même solitude d'un homme qui n'aime pas dire « moi » mais ne renonce pas à dire « je ». La Logique de Port-Royal rapporte que feu M. Pascal prétendait « qu'un honnête homme devrait éviter de se nommer et même de se servir des mots de je et de moi ». Pascal est divisé : s'il dit en effet que « le moi est haïssable », il dit souvent « je » dans les Pensées et même « moi qui pense ». Il évita en effet de se nommer, mais c'était pour se masquer dans des combats dangereux qu'il prit des pseudonymes : Louis de Montalte, Amos Dettonville, Salomon de Tultie. Finalement, l'écriture est toujours un lieu où l'on se cache, ce qui ne va pas sans toute-puissance : « Cet étrange secret, dans lequel Dieu s'est retiré, impénétrable à la vue des hommes, est une grande leçon pour nous porter à la solitude loin de la vue des hommes », écrit-il en 1656.

N'y a-t-il pas au fond qu'un Pascal ? Un joueur de mots qui lance le va-tout de ses pensées comme on jette les dés. Un calculateur du gain pour la phrase d'ouvrir le plus de chances de sens possibles avec le moins de mots qui se puissent écrire. Un bretteur qui se fend derrière son arme pour toucher l'adversaire inconnu : la bêtise, l'incroyance, le parler mal. Jusqu'à la fin, quel que soit le genre d'écriture abordé, il écrira à la hâte et à la hargne, prêchera en maître, parlera d'autorité. L'idée de calcul ratio en latin le hante littéralement, aussi bien quand il se lance dans des investissements pour inventer un nouveau mode de transport, les carrosses à cinq sols, que quand il estime au plus juste les bénéfices qu'on peut tirer pour le salut d'un « bon usage des maladies » 1658-1662. Le fameux pari est-il autre chose qu'un calcul de probabilité, une mise sur l'au-delà ?

La beauté du chiasme. En 1654, il annonce avec ferveur et en latin à l'Académie parisienne de science l'invention imminente d'une « géométrie du hasard ». Tout Pascal est là, sa division, sa cassure même, entre les deux infinis, entre les deux esprits de finesse et de géométrie, entre les deux versants du calcul et de la foi, de la raison et des raisons. Tout son style est la tentative de maîtriser « la fortune incertaine par l'équité du calcul », de parvenir à un « art exact » et d'atteindre à la « beauté géométrique ». Figure est, par son double sens, le plus pascalien des mots. Il concentre la géométrie et le hasard, le visage et le destin, le symbole et la statue, la peinture et la rhétorique.

L'une des figures de rhétorique que Pascal utilise très souvent est le chiasme, vrai ou faux, qui noue quatre termes deux à deux, dans un ordre puis dans l'ordre inverse. « Les espaces que j'ignore et qui m'ignorent... », écrit-il ; ou bien : « Le coeur a ses raisons que la raison ne connaît point. » Autres formules : « Par l'espace, l'univers me comprend et m'engloutit ; par la pensée, je le comprends » ; « Faire les petites choses comme grandes [...] et les grandes comme petites et aisées ». Même découpe de la formule, même jeu avec les mots, même renversement du sens. Même asymétrie binaire. Un exemple encore, chiasme de chiasmes : « Également incapable de voir le néant d'où il est tiré et l'infini où il est englouti, que fera-t-il donc sinon d'apercevoir quelque apparence au milieu des choses dans un désespoir éternel de connaître ni leur principe ni leur fin. » Ce n'est pas une définition de la foi chrétienne que donne ici Pascal, c'est une définition du tragique, ou - qu'il me pardonne - de la littérature. Chaque mot compte : néant, infini, apparence, milieu, choses, désespoir. Chaque image pèse : tirer, engloutir, voir, apercevoir, connaître. Noms et verbes sont inséparables comme la peau et la chair, articulés comme les différentes parties du squelette. Pascal trouve son style dans le fin et le net de la langue : « Rien de trop ni rien de manque. » À quoi reconnaît-on une phrase de lui ? À l'impossibilité d'en retrancher un mot, d'en étendre la durée. À sa solitude découpée dans le blanc de la page, dans le noir du coeur ; comme s'il avait voulu laisser autour l'espace et le silence. Rien n'est plus physique. Elle tremble, se rompt, brûle. Elle ne fuit pas la contradiction mais la désire, la travaille. Elle est si tendue que davantage serait se disjoindre. Nulle grâce d'écrire, une rage, comme si c'était le seul moyen de se taire. Pascal écrivain cherche qui dévorer. Ce n'est pas très chrétien. Le plus beau dans les Pensées, ce ne sont pas les éclairs d'une folle intelligence, le désespoir d'un coeur qui croit ne pas croire, ce sont de courtes incises, qui semblent tailler dans la chair de la page une fine et exquise blessure. Fragment 53 : « Il a quatre laquais. » Fragment 54 : « Il demeure au-delà de l'eau. » Fragment 107 : « Le bec du perroquet, qu'il essuie, quoiqu'il soit net. » Énigmatiques appels, tracés d'une écriture qui semble se tordre sur elle-même pour n'être pas lue. Et puis, ces appels, par moments, se font discours à voix haute, la foi dans l'être se fissure et c'est alors de la mort qu'on parle. Les Pensées en sont pleines. Pour mieux la repousser ou l'épouser plus intimement ? « Le dernier acte est sanglant, quelque belle que soit la comédie en tout le reste. On jette enfin de la terre sur la tête et en voilà pour jamais. » « Mort soudaine seule à craindre. » « Contradiction, mépris de notre être, mourir pour rien, haine de notre être. » Je ne peux pas voir Pascal autrement que comme il se peint lui-même : un être en joie d'être séparé, un corps vil, une chose déserte, un tas de mots perdu entre des symétries terrifiantes. La géométrie du hasard.

 

Photo : © NICOLAS PESCHIER / AFP

Esprit de géométrie et esprit de finesse

« La vraie éloquence se moque de l'éloquence. La vraie morale se moque de la morale, c'est-à-dire que la morale du jugement se moque de la morale de l'esprit, qui est sans règles. Car le jugement est celui à qui appartient le sentiment, comme les sciences appartiennent à l'esprit. La finesse est la part du jugement, la géométrie est celle de l'esprit.Se moquer de la philosophie, c'est vraiment philosopher. »

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Photo : Frantz Olivié © DR

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