la lettre d'amour

la lettre d'amour

Ce mois-ci, le philosophe Charles Pépin rend hommage à Benjamin Biolay pour sa capacité à faire confiance à ses doutes.

J'aime en vous, cher Benjamin, qui maîtrisez tant d'instruments, celui que vous maîtrisez le moins : cette voix qui touche et enveloppe, qui tremble et s'aventure au bord de la fausseté sans y tomber vraiment, cette voix qui nous attrape en se rattrapant, cette voix qui pose un monde en deux secondes. « Comme de l'à-peu-près, l'amour a horreur du retard. » Je n'imagine pas d'autre voix pour dire ça. Pas d'autre voix pour murmurer : « De tramontane en alizé/Vogue mon âme vandalisée. » Pas d'autre voix pour affirmer avec autant de précision : « Je ne me rappelle plus/Mais je m'en souviens/J'ai tout oublié, mais tout me revient/ On escaladait nus des montagnes de joie/Pour parvenir à cru au bout de nos chagrins. » Pourquoi une voix nous parle et pas une autre ? Je ne sais pas. Mais je sais que j'aime cette manière que vous avez de faire confiance à vos doutes, de sortir de la maîtrise pour oser l'« immaîtrise », de vous risquer à frôler la limite. J'aime chez vous, comme chez Jean-Loui ...

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À lire : « Le froid, roman en trois actes avec entractes », Andreï Guelassimov, traduit du russe par Polina Petrouchina, éd. Actes Sud

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DÉCEMBRE :

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NOVEMBRE :

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► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

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