la lettre d'amour

la lettre d'amour

Dans l'attente du nouveau film de Jean-Luc Godard, annoncé pour cette année, Alexis Jenni, prix Goncourt en 2011 pour L'Art français de la guerre, adresse une déclaration d'admiration empreinte d'affection filiale au réalisateur.

Cher Monsieur Godard

Je suis désolé de l'avouer, mais vous êtes comme mon père. Mon vrai père l'ignore. Pourquoi une si embarrassante accusation ? Vous vous ressemblez, par vos lunettes épaisses, vos lèvres fines, vos cigarettes interminables, par votre origine mitigée : français, et suisse.

Dans les années 1960, vous étiez vif et acéré, comme mon père ; maintenant vous êtes émouvant, un peu négligé, comme mon père. Mais par votre voix grasseyante qui hésite jaillissent ces fragments de foudre qui m'éclairent un instant et fertilisent mon esprit : vous faites apparaître le monde en train de naître.

Vous rêviez de filmer des nuages, vous souhaitiez qu'une caméra soit toujours dans votre voiture sur le siège du passager, pour sur la route stopper net, en jaillir, et les pieds dans l'herbe filmer les nuages, les merveilleux nuages qui attrapent la lumière d'une façon parfaite, avant de se déformer et de disparaître.

Vos mots à l'emp ...

Pour lire l’intégralité de cet article
d’une marque et j’accède à l’article

Entretien

Michel Winock © Ed. Perrin

Michel Winock : « Il ne faut pas enterrer la gauche trop vite »

S'abonner au magazine

S'abonner au magazine