La langue chevillée aux corps

La langue chevillée aux corps

L'écrivain publie simultanément six brûlants textes courts et un récit de formation indistinctement politique et sexuelle. À fleur de peau comme au plus vif de la chair, au coeur des désirs comme au milieu des tombeaux, une écriture admirable, aux accents souvent proustiens.

À quoi sert d'écrire sinon à déchiffrer le monde ? Sinon à « tenter d'y voir plus clair », comme l'a souvent répété Mathieu Riboulet ? Qu'il s'agisse d'appréhender la maladie, présente dès Un sentiment océanique, en 1996, de sonder le mystère de l'autre, comme dans Avec Bastien, d'approcher l'impensable des conflits hérités, dans Les Œuvres de miséricorde, ou, plus récemment, de nommer, dater et cerner le désastre avant son « engourdissement », dans le très nécessaire Prendre dates, rédigé avec Patrick Boucheron à la suite des attentats de janvier 2015, la démarche demeure toujours la même : former des phrases pour désépaissir l'ombre, maintenir la pensée en alerte et, de là, peut-être, mieux avancer.

Avec Entre les deux il n'y a rien, il n'est pas question d'autre chose. Revenant sur les mouvements de contestation européens des années 1970 et 1980 - entre autres marquées par les salves croisées de l'Autonomie française, des Brigad ...

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