La Lampe de Proust et autres objets de la littérature de Serge Sanchez*

La Lampe de Proust et autres objets de la littérature de Serge Sanchez*

Jamais le temps ne put altérer le souvenir que Céleste Albaret conservait de ce jour de 1913 où elle avait pénétré pour la première fois dans la chambre de Marcel Proust, au 102, boulevard Haussmann à Paris. Elle allait devenir la gouvernante, la femme de confiance, mais aussi le témoin minutieux de la vie de l'écrivain. Murs tapissés de liège, volets clos et rideaux tirés amortissaient les bruits extérieurs. Selon un rite bien établi, et qui fait partie de la légende qu'il nous reste de lui, Proust travaillait sur son lit, ses manuscrits étalés sur les couvertures. Le seul éclairage venait d'une lampe de chevet que Céleste pouvait encore décrire soixante ans plus tard avec une précision remarquable : « assez haute de corps, comme une lampe de bureau [...] coiffée d'un abat-jour vert en étoffe froncée, et doublé de soie blanche, avec une clé pour donner ou fermer la lumière ». C'est à la lueur de cette lampe que Swann rencontra Odette, que fut composée la sonate de Vinteuil, que mou ...

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