La guerre absurde

La guerre absurde

« Le Sursis » de Jean-Paul Sartre est la chronique d'une guerre annoncée mais introuvable, d'une situation dominée par l'absurde, sinon le grotesque. Au coeur même de cette absurdité, une vision de l'Histoire se manifeste pourtant et émerge du chaos.

Grave question historique : Daladier, en sortant de l'avion qui le ramenait de Munich, le 30 septembre 1938, a-t-il vraiment dit entre ses dents : « Les cons ! » devant la foule venue l'acclamer ? Vrai ou faux, il est clair que Sartre, concluant Le Sursis par ce mot, le fait largement sien.

Le Sursis , c'est le récit de ces quelques journées de septembre 1938 où l'Histoire feint d'hésiter entre la guerre et la paix. Deuxième volume des Chemins de la liberté , rédigé entre 1942 et 1944, il est la chronique d'une guerre annoncée mais introuvable, d'une situation dominée par l'absurde, sinon le grotesque.

La méthode beuvienne a quelquefois du bon. On ne peut guère séparer l'écriture des Chemins de la liberté de l'expérience de Sartre soldat, qui trompe son ennui en regardant pousser sa barbe et qui écrit comme un forcené durant ces quelques mois d'inactivité forcée : lettres au Castor et à quelques-unes de ses « compagnes contingentes » ...

Pour lire l’intégralité de cet article
EN REGARDANT LA PUBLICITÉ D'UNE MARQUE

Nos livres

Ceux qui restent, Benoît Coquard, La Découverte, 280 p., 19 €.

Offrez un abonnement au Nouveau Magazine littéraire

Supplément web

Chaque numéro du Nouveau Magazine littéraire est complété d'articles en accès libre à lire sur ce site internet. 

DÉCEMBRE :

► Entretien avec David Djaïz, auteur de Slow Démocratie (Allary) : complément de la brève « La place de la nation »

NOVEMBRE :

 Dominique Bourg contre le « fondamentalisme de marché » : complément de l'article « Réchauffement politique »

► Version longue de l'entretien avec Yann Algan : le co-auteur de l'essai Les Origines du populisme analyse la montée de la défiance envers les institutions dans notre dossier « Cas de confiance »

► Paradoxale promesse : critique du dernier essai de Vincent Peillon