La gaie ignorance de Montaigne

La gaie ignorance de Montaigne

Pris au coeur d'une époque ayant replongé dans les certitudes fanatiques, l'auteur des Essais estime que la connaissance ne garantit nullement la clairvoyance.

C'était un temps où l'on croyait tout. Les protestants rigides, prêts au martyr, avaient, l'amiral de Coligny excepté, des chefs platement ambitieux, concussionnaires et débauchés ; le peuple catholique décidé à sacrifier son repos, son argent, ses enfants à la défense de la foi idolâtrait une tribu d'aventuriers princiers auxquels le fanatisme servait de tremplin électoral - en 1562, les Guises ne songèrent-ils pas sérieusement à passer au calvinisme ? La passion religieuse servait des intérêts platement terrestres. Sous le masque de la foi, les féodaux revenaient. Des décennies de guerre civile rendaient les provinces aussi peu sûres que le sera, des siècles plus tard, la Chine des Seigneurs de la guerre. Les rivalités des gouverneurs entretenaient parmi les villes une guérilla médiévale sous le prétexte de défendre d'antiques libertés. Il fallait croire coûte que coûte. Le xvie siècle commence comme une fête italienne et s'achève avec le « mal italien » : l'esprit des peuples est ...

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À lire :Divers, Pierre Guyotat, éd. Les Belles lettres, 496 p., 27 E.