La Fortune des Rougon, une souche buissonnante

La Fortune des Rougon, une souche buissonnante

Le « premier épisode » des « Rougon-Macquart » paraît installer de manière classique les bases du cycle, et notamment celles de son arbre généalogique. Par-delà l'étude de moeurs, s'y manifeste toutefois un souffle cosmique, celui des « Origines », selon les mots de l'écrivain lui-même.

Orphelin de père, d'origine mêlée, fils de la misère, Zola est le prototype de l'écrivain résilient, qui n'a eu de cesse de renaître et de se justifier d'exister, dès son entrée dans le champ littéraire, en 1863, à l'âge de 23 ans. Mais, de Michelet, le maître qu'il s'est donné et dont il a tant aimé Le Peuple et la Bible de l'humanité, il a retenu l'idée qu'une civilisation se renouvelle par ses barbares. Quant à l'artiste, s'il veut échapper aux rôles convenus de truqueur, d'amuseur public ou de complice de la culture dominante, il doit imposer son originalité, « le retour aux origines », selon la formule d'Antoni Gaudí, qui s'attellera à sa propre Sagrada Familia en 1883, à 31 ans...

Le 1er juillet 1871, au même âge, Zola, qui n'était encore qu'un « homme de lettres » parmi d'autres, a posé la première pierre d'une monumentale « Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire » ; et, dit-il, « le premier épisode : La Fortune des Roug ...

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