La fièvre de l'archive

La fièvre de l'archive

Par ses méthodes de travail, le romancier a adopté une démarche proche de celle d'un historien. Faisant de son oeuvre une fable documentaire sans égale, il se révèle précurseur de la micro-histoire.

Le premier roman conçu par Zola, élève de cinquième en 1854, s'intitulait « Un épisode sous les croisades ». Il avait lu, pour le préparer, la volumineuse Histoire des croisades de Joseph-François Michaud, preuve d'un tropisme documentaire précoce. Quant à l'inspiration historique, alors même que la vogue de Walter Scott et de ses épigones était passée, elle marque le lien spontanément établi entre Histoire et histoire, par le biais d'un récit suivant un ordre chronologique, brassant des personnages, et restituant une époque : tous éléments qui formeront le socle de l'oeuvre romanesque de Zola.

« Les Rougon-Macquart » portent en sous-titre : « Histoire naturelle et sociale d'une famille sous le second Empire ». Le privé, d'ordre familial, et fictif, doit donc se lire à la lumière d'une période donnée (1852-1870), vécue par tout un peuple. Mais « histoire naturelle » et « histoire sociale » sont des catégories de l'histoire : l'une est déjà bien établie, de Pline l'An ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
« La financiarisation du livre est en train de produire une culture d'aéroport inepte »

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À lire : Poésie, etc., Guy Debord, éd. L'Échappée, « La Librairie de Guy Debord », 528 p., 24 E.

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