La dissidence du swing

La dissidence du swing

Une évocation des zazous, jeunes fêtards dont la frivolité, sous l'Occupation, n'était qu'apparente.

C'est une jeunesse singulière qui n'a pas encore l'âge de combattre mais déjà le droit de mourir. Une jeunesse française, parisienne, rarement évoquée dans les romans, peut-être parce qu'elle se révèle insaisissable avec ses paradoxes, ses lubies, qu'elle semble parfois indifférente à l'Occupation, un brin nombriliste et égoïste. « La jeunesse est l'âge où l'on passe à côté de tout. » Comment lui en vouloir ? 1940 n'est pas une année enviable pour fêter ses 16 ans.

Ils sont les piliers du café Éva, non loin du parc Montsouris. Autour de Josette, le coeur solitaire, la bonne copine, gravitent Charlie, le Noir américain, clarinettiste de son état, Marie, la chanteuse blonde platine, les lycéens Jean et Pierre, Odette la frivole et Sarah la Juive, puisque être juif sous Adolf Hitler est un statut qui vous définit et vous condamne. Quelle dégaine, tout de même, que celle de ces garçons aux pantalons courts resserrés à la cheville, au noeud de cravate étriqué, « leurs cheveux long ...

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Entretien

Photo : Frantz Olivié © DR

Frantz Olivié :
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