La différance, ici et maintenant

La différance, ici et maintenant

« Ni mot ni concept », cette notion a été perçue par ses détracteurs comme une élégante manièrede toujours reporter, différer. Bien au contraire, il s'agit là de nommer ce qui vient, ce qui fait événement.

1 Transformation de la différence

Derrida : la différance. Il faut poser, non pas que tout Derrida se résume à la « différance », mais que tout Derrida en sort. Or ce terme, qui n'est « ni un mot ni un concept », comme il le disait, n'a pas manqué d'être capté par les eaux du ruissellement ordinaire, et on en est venu à l'écrire parfois sans juger bon de l'expliciter, comme une nouvelle notion disponible, une différence un peu plus complexe. Dans les meilleurs des cas, on fait entendre que cette différance avec a serait la différence qui joue non entre deux objets mais entre un sujet et lui-même, une différence à soi ouverte et béante - une autre version, donc, de la distance à soi, du clivage ou de l'altérité du sujet. Parfois aussi on a cru pouvoir s'accrocher au sens du verbe « différer » pour mettre en avant la valeur de délai, de remise à plus tard. En version supposée « derridienne » cela donne un « à venir » toujours repris, toujours relancé ou ...

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Grand entretien

Claire Marin © HANNAH ASSOULINE/Ed. de l'Observatoire

Claire Marin
Auteure de Rupture(s) (éd. de l'Observatoire)

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