La dérive des continents

La dérive des continents

Écriture incandescente, structure complexe, partis pris surprenants : des amours en noir et blanc qui évitent les poncifs dans l'air du temps.

L'histoire n'est pas qu'une discipline livresque. Elle est une force agissante, dont les courants traversent les individus et parfois les séparent. Tels Adelphe et Maïsha, dans le beau roman de Philippe de la Genardière. Le premier est un éditeur sexagénaire, issu d'une France traditionnelle engloutie, qui s'est protégé du monde derrière des murs d'érudition et de manuscrits, et qui retrouve goût à la chair lorsqu'il s'éprend de la seconde, graphiste d'origine africaine. Dans le corps de Maïsha, la trentaine, Adelphe voit la possibilité de renouer avec la vie, mais aussi ce que sa mauvaise conscience postcoloniale lui souffle : la splendeur d'une Afrique fantasmée. Et en Adelphe, Maïsha voit l'amour, mais aussi ce que sa rage postcoloniale lui souffle : le légataire de la culture française qui la renvoie à l'esclavage et à sa propre relation avec l'Afrique qu'elle n'a jamais vue.

Haines anciennes

Raconté ainsi, le roman a l'air d'une de ces mises en narration de conc ...

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